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Une dizaine d'opposants au nouveau programme Objectif emploi ont fait une sortie symbolique à Saint-Romuald, le 30 août, pour dénoncer ce projet de loi, qui «fait de l'aide sociale une aide conditionnelle, plutôt qu'un droit».

Par Valérie Maltais
valeriemaltais@journaldelevis.com

C'est en ces termes que la Coalition régionale contre le projet de loi 70, qui regroupe six organismes québécois dédiés à l'amélioration des conditions de vie des personnes assistées sociales, demande au ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) le retrait du programme. La fin des consultations est prévue le 10 septembre.

La Coalition déplore le caractère obligatoire de ce programme, qui vient à l'encontre des droits de la personne, explique Esther Baillargeon, porte-parole du côté de la Chaudière-Appalaches. «C'est le temps de se faire entendre, a-t-elle affirmé. Si le gouvernement veut mettre en place des nouveaux programmes d'employabilité, avec des bonus, qui vont réellement déboucher sur des emplois, tant mieux. Toutefois, ce ne doit pas être obligatoire et il ne doit pas y avoir de pénalités.»

Nouveaux demandeurs

Le projet de loi 70 a été mis en place pour obliger les personnes qui vont faire une première demande d'aide sociale, et qui sont aptes à l'emploi, à se soumettre à un régime particulier pendant une période de 12 à 24 mois, sans quoi elles pourraient subir des pénalités jusqu'à concurrence de 224 $ par mois.

«Les personnes aptes à l'emploi seront les premières à le faire (adhérer au programme d'employabilité), surtout qu'il y a des bonus rattachés à ça. Cependant, ce n'est pas toutes les personnes qu'on qualifie «aptes à l'emploi» qui le sont. En fait, c'est très compliqué de recevoir une contrainte sévère. Ça peut prendre plusieurs mois, a souligné Mme Baillargeon. Par conséquent, certaines personnes ne seront pas capables de participer aux formations et seront pénalisées, alors qu'elles ont réellement besoin de cette aide.»

D'autres revendications

Dans un mémoire présenté au MTESS, la Coalition revendique également la fin des catégories à l'aide sociale, puisqu'elles laissent place à la discrimination, réclame des mesures d'employabilité choisies librement, avec une reconnaissance financière des coûts reliés à ces mesures, puis demande une hausse des prestations actuelles, qu'elle qualifie d'inférieures au coût de la vie.

Notons que cette petite mobilisation, tenue également en simultané du côté de Québec, sert de prélude à un plus grand rendez-vous donné le 10 septembre, à 11h, devant les bureaux du ministère, à Québec. Les participants sont invités à exprimer leur «désaccord face à cette pauvreté créée de toute pièce par le ministère», fait-on valoir à l'intérieur d'un communiqué.



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