CRÉDIT : AUDE MALARET

En résidence de création à la Maison natale de Louis Fréchette, Carole Legaré est partie à la recherche des récits de l’époque victorienne, qui jalonnent le long du Saint-Laurent, depuis Lévis jusqu’à Rivière-Ouelle, afin de les faire revivre. La conteuse lévisienne prépare un spectacle autour des grandes figures de notre histoire.

Carole Legaré s’intéresse à l’héritage des héros «plus grands que nature», qui habitent les écrits de Philippe-Aubert de Gaspé, Louis Fréchette, Thomas Chapais et Pierre-George Roy.

«Au début, j’ai surtout lu Philippe Aubert de Gaspé, j’ai relu Fréchette. J’ai lu le merveilleux capitaine Bernier, ça je n’en suis pas revenue! J’ai été impressionnée par l’envergure de cet homme», partage-t-elle. Inspirée par cette figure, dont la vie semble une source inépuisable de récits, la conteuse revisitera, entre autres textes, ceux que le marin a inspirés.

Des récits nés d’une riposte culturelle

L’un des objectifs de Carole Legaré est de transposer en conte certains hauts faits de l’époque victorienne qui ont marqué l’histoire régionale. Pendant cette période foisonnante, les écrivains ont en effet pris leur plume en réaction à l’oppression dans un mouvement qualifié de «riposte culturelle» par la conteuse.

«Ce qui est venu après la rébellion des Patriotes, comme le dit Jean-Claude Germain, c’est la faute à Lord Durham, quand il a dit qu’on était un peuple en manque d’histoire et de littérature. On s’est rendu compte qu’on avait déjà tout ça sous le nom de légendes et contes.»

Faire revivre une richesse «qui nous appartient»

 Par les mots, les écrivains ont alors voulu retrouver une fierté et «écrire l’esprit du peuple à travers ses histoires». Et quoi de mieux que partager les récits populaires pour s’affirmer? «Les auteurs ont repris les légendes qui étaient là, qui étaient vivantes dans l’esprit populaire et qui étaient pleine d’humour», explique Carole Legaré.

La conteuse a choisi de faire revivre cette effervescence et «cette richesse qui nous appartient». Elle s’est imprégnée de ses lectures pour les partager au public. D’ailleurs, elle gardera de petits bouts de texte qui ponctueront son spectacle, conçu comme le portrait d’une époque.

Des rivières à l’océan

 C’est l’histoire de Baptiste Lachapelle qui guidera la trame de son récit «pour la beauté et parce que je parle de la transformation des choses par l’esprit, l’imagination et le désir».

«J’ai vu arriver par la lecture de Louis Fréchette, Baptiste Lachapelle, le cageux, qui composait des complaintes et descendait le fleuve dans le soleil couchant. C’est poétique, c’est beau. Je me suis dit que l’œil du poète, du conteur, de celui qui raconte, change tout. C’est ça que je veux», partage-t-elle.

L’histoire que racontera Carole Legaré sera aussi liée au bois «qui arrivait ici et que le capitaine Bernier rentrait sur son bateau avant de partir». Comme les arbres coupés, son histoire descendra le courant de la rivière, le fleuve et rejoindra l’océan.

Ce travail de recherche est aussi mené grâce à l’appui des institutions muséales de la Côte-du-Sud. De plus, Carole Legaré travaille de concert avec le conteur Jocelyn Bérubé, résident de l’Anse-à-Gilles, qui a accepté d’aider à la conception du projet. La conteuse espère présenter ses trouvailles aux résidents de la Côte-du-Sud et lors du Festival international du conte Jos Violon de Lévis à l’automne prochain.

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