Pour Claudette Rinfret, «les yeux sont les paysages de l’âme». CRÉDIT : AUDE MALARET

Ses toiles, empreintes de délicatesse, de poésie et de lumière, sont exposées dès 1970 dans des galeries renommées de Montréal et de Québec. Artiste établie de longue date à Lévis, Claudette Rinfret consacre sa vie à l’art, un amour qui la fait vivre, une passion devenue compagnon de tous les jours, avec qui elle partage ses pensées intimes. Rencontre.

«Peindre, c’est une façon d’exprimer l’âme, ce qui nous habite.» C’est aussi, dit Claudette Rinfret, créer un monde nouveau, laisser libre cours à l’imagination et à la fantaisie. S’exprimer. L’œuvre de l’artiste est parsemée de visages. De jeunes personnages, des enfants, «dont l’intensité du regard laisse transparaître la profondeur des sentiments», illustrait Claude Vallières, coordonnateur de la galerie de la rue Wolfe devenue le Centre d’exposition Louise-Carrier, lors d’une exposition consacrée à la peintre, dix ans plus tôt.

«Des pensées qui s’établissent sur le papier.» C’est ainsi que Claudette Rinfret laisse le sujet sortir, tout à coup. Elle ne copie pas. Elle n’utilise pas de modèle. L’artiste va chercher dans une intériorité sensible. «Tout peintre exprime ce qu’il a profondément en lui», confie-t-elle.

Donner un visage aux émotions

Les visages traduisent les sentiments ressentis par celles, surtout, et ceux qui habitent ses tableaux. «Je les invente. C’est un peu plus facile avec un modèle, il est devant toi. Si tu l’inventes, il faut savoir ce qu’il veut dire.»

L’art fait écho à la spiritualité. L’artiste se dessine un chemin. «C’est long à découvrir, reconnaît-elle. Je cherche pourquoi on est ici. Ce sont des pensées qu’on ne peut pas décrire. C’est pourquoi on peint. On peint pour faire ressortir quelque chose qui est intérieur.»

Influencée par le courant impressionniste, peintre de l’âme à la recherche de l’infini, de ce qui ne se dit pas. «On m’a décrite», dit celle qui s’est décrite elle-même par ses peintures.L’artiste est couleur, ombre, rythme et mouvement.

Une passionnée, comme elle se présente. «J’ai plongé dedans, tout bonnement.» Dans Montréal qui l’a vu naître, Claudette Rinfret apprend l’émail sur cuivre. «J’ai commencé par goût. J’en avais vu et j’ai trouvé ça fascinant.» Notamment à cause de la permanence des couleurs prises dans la surface vitrée. Rapidement, Claudette Rinfret se distingue par son talent. Sa carrière débute.

Mais les poussières des poudres de verre endommagent ses poumons et elle doit cesser ce travail du jour au lendemain. Avant d’être émailleuse, Claudette Rinfret dessinait. Jamais elle n’avait pensé devenir peintre pourtant. Encore moins en faire sa carrière et gagner sa vie en vendant ses toiles. Jeune fille, c’est la musique qui avait ses faveurs.

Vivre d’art

Ses premiers dessins n’étaient qu’un passe-temps, alors qu’isolée par la tuberculose, elle se repose dans un sanatorium. À l’âge de l’adolescence, elle dessine celles qui l’entourent.

Au décès de son mari, qui la laisse seule à élever quatre enfants, sa passion devient le moyen de subvenir aux besoins de sa famille. Et, de faire ce qu’elle aime le plus. «Il fallait que j’agisse. Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre?»

Disciplinée, elle peint tous les jours. «C’est automatique. 9h30 le matin, je suis devant le chevalet. Ce sont des heures et des heures de travail.» Sa persévérance la pousse à peindre sans relâche, à recommencer jusqu’au bon moment, celui où il faut savoir s’arrêter pour ne pas «gaspiller l’inspiration première».

De ses premières expositions dans les années 1970 à la direction de la réputée Galerie Zanettin à Québec, qui avait dès ses débuts contribué à sa reconnaissance et qu’elle a ensuite dirigé de 1989 à 1995, Claudette Rinfret s’impose comme une artiste internationale et recherchée. Elle expose à travers le Québec, notamment à la Galerie Louise-Carrier, au Canada et jusqu’en Europe. Ses toiles sont présentées en permanence dans les galeries, comme L’Art français à Montréal. Ses œuvres figurent désormais dans de nombreuses collections privées ainsi que celles de la Ville de Lévis et du Mouvement Desjardins. 

De Berthier-sur-Mer à Lévis, en passant par Québec, Claudette Rinfret s’est nourri de la beauté du fleuve et des paysages qui ont donné à ses toiles ces atmosphères nébuleuses inspirées par le changement des saisons, dans une fête de couleurs et de lumière.

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