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S’ils sont heureux d’accueillir de nouveau leurs clients dans leur salle à manger et sur leurs terrasses extérieures, plusieurs restaurateurs de la région font face à des défis en vue de la reprise de ce pan de leurs activités.

Rappelons d’emblée que c’est depuis le vendredi 28 mai que les restaurateurs lévisiens peuvent servir des clients sur leurs terrasses extérieures. Quelques jours plus tard, soit à partir du lundi 31 mai, ces derniers ont également pu accueillir leurs clients dans leur salle à manger. C’est en raison des premières étapes franchies du plan de déconfinement de la province que les restaurateurs ont pu reprendre ce type d’activités.

Cantonnés depuis plusieurs mois à ne servir que des commandes à emporter ou à livrer en raison des mesures sanitaires alors en vigueur, les restaurateurs interrogés par le Journal le 26 mai étaient donc heureux de pouvoir renouer avec ce qui représente le cœur de leurs activités.

«C’est sûr que nous sommes absolument contents. C’est littéralement comme voir la lumière au bout du tunnel. Cela commençait à être dur sur le moral de ne pas pouvoir accueillir des clients dans notre salle à manger. Depuis le début de la crise sanitaire, notre salle à manger a été fermée pendant neuf mois», s’est d’emblée réjoui Dimitri Boulanger, le copropriétaire et directeur général du restaurant Mikes de Saint-Nicolas.

«On trouve ça un peu bizarre de pouvoir rouvrir notre terrasse extérieure et de ne pouvoir ouvrir notre salle à manger que trois jours plus tard, mais nous sommes contents de ne plus être pris en otage et de pouvoir relancer une partie de nos activités», a renchéri Claudine Hasty, cheffe propriétaire du restaurant Au Grain de Folie Faim Bistro à Saint-Romuald.

Une reprise en douceur

 Toutefois, plusieurs restaurateurs de la région ne pourront relancer à pleine vapeur leurs activités. En plus des mesures sanitaires à suivre qui limitent le nombre de clients qu’ils peuvent recevoir, les pertes financières provoquées par les fermetures décrétées par Québec ainsi que la pénurie de main-d’oeuvre dans l’industrie, exacerbée par la pandémie, mettent des bâtons dans les roues de ces gens d’affaires.

«J’aurais pu ouvrir ma terrasse vendredi, mais je ne le peux pas. Je manque de cuisiniers. En date d’aujourd’hui, j’ai perdu trois cuisiniers qui ont décidé de se réorienter ou qui ont trouvé un autre emploi dans des institutions. Je ne vivais pas tant cette problématique avant la pandémie, mais même si je publie maintenant des annonces, je n’en trouve pas. Tous les restaurateurs sont à la recherche de cuisiniers. […] Je suis donc obligé de restreindre mes heures d’ouverture. Pour cet été, je n’ouvrirai que trois ou quatre soirs et je pense même fermer une section afin d’être capable de bien servir les clients que je recevrai», a illustré Martin Patry, le propriétaire du restaurant L’intimiste dans le Vieux-Lévis.

«Chez nous, nous avons une belle réputation et notre main-d’œuvre est au rendez-vous. Toutefois, on ne pourra pas aller avec une grande reprise. Les ouvertures et fermetures successives en raison de la pandémie ont grugé notre coussin financier. En plus, le prix des aliments a connu une importante hausse depuis un an et demi. On doit donc y aller prudemment», a pour sa part expliqué Claudine Hasty.

De son côté, le restaurant Mikes de Saint-Nicolas ne restreindra pas ses heures d’ouverture. Toutefois, la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie fait aussi creuser les méninges de Dimitri Boulanger.

«C’est particulièrement difficile au niveau des horaires lors des fins de semaine. Tout le monde désire maintenant travailler du lundi au vendredi. On a donc entamé il y a deux ans des démarches pour recruter des cuisiniers à l’international pour combler nos besoins lors de ces périodes occupées au restaurant. Depuis peu, on peut compter sur un cuisinier mexicain, ce qui permet de résoudre en partie le problème. Par contre, le processus de recrutement à l’international est long et compliqué. En raison de la pandémie, un autre cuisinier que nous avons recruté au Mexique ne peut pas rentrer au pays», a conclu M. Boulanger.

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