CRÉDIT : ALEXANDRE BELLEMARE

Le centre de thérapie et de réinsertion sociale L’Appart, situé à Saint-Romuald, s’est retrouvé dans l’obligation de fermer ses portes de façon impromptue en raison de problèmes financiers, le 10 juillet dernier. Les résidents, employés et gestionnaires de l’entreprise l’ont appris seulement cinq jours avant leur départ.

C’est en janvier 2017 que le projet proposé par Véronick Giroux, directrice de l’entre- prise, a vu le jour en bordure du boulevard Guillaume-Couture. Déjà, il n’était pas facile pour cette ressource venant en aide aux gens souffrants de toxicomanie de joindre les deux bouts. «On attendait notre demande de certification en décembre 2016 (pour bénéficier d’un programme d’aide financière gouvernementale). On avait investi 400 000 $ au début du projet et on recevait zéro subvention ou aide financière jusqu’en août 2017», raconte Mme Giroux.

Une fois la certification obtenue, L’Appart pouvait faire une demande d’une aide financière provenant de l’Aide sociale et solidarité sociale en fonction du nombre de clients qu’elle hébergeait. «Si on fait un calcul rapide, 50 $ par jour pour un peu moins d’une trentaine de clients ça tourne autour 30 000 $ par mois et le loyer ici était de 23 000 $, donc on était déjà dans une situation problématique», explique la directrice de la ressource. C’est pourquoi L’Appart a déposé un dossier au programme d’aide financière pour les ressources certifiées offrant l’hébergement du gouvernement du Québec.

À ce moment, l’entreprise dit avoir pris entente avec les propriétaires du bâtiment afin qu’ils l’accommodent le temps de recevoir ces montants.

Délais et déceptions

«J’étais convaincue de recevoir le financement à partir d’avril 2018, en plus d’être éligible à une rétroaction du programme. On y serait arrivé, même qu’en décembre 2017, j’ai reçu un courriel me disant que la demande suivait son processus. Finalement, rien, relate Véronick Giroux. Je n’ai pas mis de pression supplémentaire sur les propriétaires du logement. Comme moi, ils attendaient le financement».

En 2018, L’Appart et le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches ont travaillé de concert afin d’émettre des recommandations auprès du ministère de la Santé dans les- quels un montant de 140 000 $ était demandé afin de faire fonctionner l’entre- prise, en novembre 2018. C’est en mars 2019 que L’Appart a reçu la confirmation qu’elle avait accès au programme d’aide financière.

«Nous avons pris une entente en médiation avec les propriétaires, en croyant que nous aurions accès à un montant rétroactif de 70 000 $ une fois le programme enclenché et un montant de 35 000 $ aux 3 mois, comme c’est le cas pour plusieurs organismes», partage Mme Giroux. Cette entente se résumait à payer un montant de 25 000 $ aux propriétaires d’ici le 25 juin et 30 % de ce que L’Appart recevrait tous les 3 mois afin de payer le loyer et d’éponger la dette de 625 000 $ incluant un taux d’intérêt de 18 % que l’entreprise devait aux propriétaires.

Mais il s’est avéré que L’Appart n’était pas éligible à un montant rétroactif et que l’aide offerte était de 70 000 $ en quatre versements pour la période de 2019-2020.

Une situation stressante pour les résidents

«Un des propriétaires s’est présenté avec la police le 26 juin et disait vouloir nous expulser puisque nous étions en défaut de paiement. (...) Son avocat lui a demandé de quitter les lieux puisque notre avocat et leur avocat étaient toujours en pourparlers pour arriver à une entente», ajoute Véronick Giroux. L’Appart a reçu le premier versement du programme d’aide financière, le 2 juillet, à hauteur de 17 500 $, un mon- tant insuffisant selon l’entente prise entre les deux parties. «Je les comprends d’être fâchés, comme n’importe quel créancier d’une entreprise, mais c’est un coup difficile à prendre», tient à préciser la directrice.

Environ une quinzaine de résidents habitaient L’Appart la semaine précédant sa fermeture. Ensemble, les employés de L’Appart, accompagnés par le CISSS de Chaudière-Appalaches ont relocalisé ces résidents, une opération qui «s’est vraiment bien faite considérant les circonstances», rapporte Mireille Gaudreau, relationniste du CISSS de Chaudière-Appalaches.

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