Gare du Grand-Tronc, de l’Intercolonial et du Québec central à Lévis vers la fin du 19e siècle. Photo : Courtoisie - Société historique Alphonse-Desjardins

Certains lecteurs se souviennent peut-être de l’immense installation de trains miniatures jadis située au deuxième étage de l’ancienne gare de Lévis. Cette curiosité fascinante s’inscrivait dans le riche passé ferroviaire de notre territoire.

Par Claude Genest - Collaboration spéciale

Élément marquant de modernité et du développement du Canada au 19e siècle, les chemins de fer ont fait couler beaucoup d’encre et monopolisé les esprits des gens d’affaires et des politiciens de la deuxième moitié de ce siècle. Bien positionnée géographiquement en face de Québec, la Rive-Sud bénéficiera fortement du déploiement progressif des impressionnants réseaux nationaux du Grand-Tronc en 1854, du Lévis-Kennebec en 1873 (Québec Central en 1881) et de l’Intercolonial en 1879 donnant ainsi à notre rive un avantage compétitif par rapport à Québec.

L’enjeu est important et dès 1850, soit avant même l’arrivée du chemin de fer, le journal Le Canadien à Québec publie le 6 décembre une longue lettre d’un auteur qui utilise le nom de plume «Qu’on y pense» où on lit le constat suivant. «Mettez le terminus à Saint-Nicolas ou Pointe-Lévis, et Québec sera pour toujours privée de l’avantage direct d’un chemin de fer.» L’auteur anonyme a raison et le lundi 13 novembre 1854 arrive à 17h à Pointe-Lévis un premier train en provenance de la région de Montréal au terme d’un trajet de neuf heures.

Les journaux The Quebec Mercury, Le Journal de Québec (l’ancien) et Le Canadien du lendemain rapportent que ce convoi historique compte plusieurs passagers et que les arrêts furent nombreux en cours de route. Le prix du billet est de 6 $. Privé de lien direct vers la Rive-Nord, les quotidiens de Québec mettent l’accent sur le fait que le bateau à vapeur qui assurera le lien entre Hadlow Cove et Québec est amarré et prêt depuis l’avant-veille.

C’est le début d’une période où la Pointe-Lévis deviendra dans les faits la gare Québec. Véritable carrefour, on ne compte plus les personnalités qui transitaient par Lévis en route vers Québec où ailleurs. Ainsi, au 19e siècle, Lévis était un passage obligé pour les politiciens se rendant au parlement à Québec où, comme la raconte l’historien Dale C. Thomson dans une biographie d’Alexander Mackenzie à titre d’exemple, les parlementaires du Haut et du Bas-Canada arrivent à Lévis en mars 1862 par un convoi spécial en provenance de Toronto et traversent ensuite le fleuve à l’aide des valeureux canotiers.

Bref, tout le gratin politique de l’époque passe à un moment ou l’autre par Lévis. Des passagers d’un jour attirent dans certains cas des manifestations importantes. C’est le cas pour Georges-Étienne Cartier, malade, qui transite par Lévis en septembre 1872 en route pour se faire soigner à Londres. Le maire Jacques Jobin est à la gare de même que des nombreux citoyens et des discours sont prononcés. Sans le savoir, c’est une cérémonie d’adieu, car Cartier meurt à Londres en mai 1873.

Cinq ans plus tard, en décembre 1877, c’est un rassemblement estimé à quelque 2 000 personnes qui salue la victoire d’une étoile montante de la politique fédérale lors d’une l’élection partielle âprement disputée dans le comté de Québec-Est, soit Wilfrid Laurier. En quittant la gare de Lévis, Laurier ne se doute nullement qu’il représentera Québec-Est pendant plus de quarante ans jusqu’à son décès en février 1919 et qu’il n’a pas fini de transiter par Lévis en route vers son comté de la basse-ville de Québec. Cette situation perdurera jusqu’au passage des premiers trains réguliers sur le pont de Québec en décembre 1917.

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