Dans une lettre transmise le 27 janvier au secrétaire du comité de démolition et au conseil municipal de la Ville de Lévis ainsi qu'à la ministre de la Culture du Québec, la Fédération histoire Québec (FHQ) s'est opposée «catégoriquement» à la demande de démolition du 220, rue Napoléon-Mercier, le bâtiment qu'a occupé pendant plusieurs décennies l'entreprise lévisienne Les Scies Mercier.

«Ce site industriel possède un bâtiment plus que centenaire ayant conservé une grande authenticité. Il présente une grande valeur patrimoniale, comme témoin de l’implantation de la petite industrie dans ce secteur de Lévis. Le bâtiment Les Scies Mercier figure à l’Inventaire des sites et des bâtiments incontournables du patrimoine industriel du Québec réalisé à compter de 2011 par l’Association québécoise du patrimoine industriel, en partenariat avec le ministère de la Culture. [...] Pour toutes les valeurs que représente ce site et l’importance qu’il a dans le paysage local, il nous apparait inconcevable qu’il soit détruit. Nous vous demandons donc de refuser cette demande d’autorisation de démolition», peut-on lire dans la missive de Clément Locat, président du comité du patrimoine de la FHQ.

Dans un avis public donné le 20 janvier, le secrétaire du comité de démolition de la Ville, David Gagné, a fait savoir que le propriétaire du 220, rue Napoléon-Mercier, 9122-2778 Québec Inc., a déposé une demande de démolition pour le bâtiment qui se trouve à cette adresse.

Érigé en 1880 comme entrepôt, le bâtiment a été considérablement modifié et agrandi à partir de 1911, année où Les Scies Mercier ont amorcé leurs activités dans le Vieux-Lévis. L'entreprise a déménagé ses activités dans le secteur Lauzon en 2010. Le Répertoire du patrimoine culturel du Québec estime notamment que «l'ensemble du bâtiment possède une intégrité exceptionnelle ce qui en fait l'un des plus importants témoins du patrimoine industriel de Lévis».

Rappelons toutefois qu'une partie de l'édifice a déjà été démolie il y a près de trois ans. En février 2017, une partie de la toiture du bâtiment s'était effondrée en raison des fortes accumulations de neige.

Protéger un «parent pauvre» du patrimoine

Au lieu d'étudier la demande de démolition, la Ville devrait plutôt trouver des solutions pour préserver le bâtiment selon la FHQ, un regroupement de 289 sociétés québécoises œuvrant dans les domaines de l’histoire, du patrimoine, de la généalogie, de la muséologie, de l’ethnologie et dans d'autres champs connexes à l’histoire..

«Ce bâtiment d’un tel intérêt devrait faire l’objet d’une citation au Patrimoine culturel du Québec par la ville dans les meilleurs délais afin de mettre fin définitivement à toute demande de démolition. Parallèlement, on devrait chercher rapidement à recycler le bâtiment et ses annexes par un usage correspondant aux caractéristiques et à la localisation du bâtiment pour éviter qu’il demeure inoccupé. Tous les équipements, machines et outillages qui s’y trouvent et témoignent de l’évolution des pratiques de l’industrie des scies devraient aussi faire l’objet de protection au moyen de la citation. De même, le savoir-faire qui s’est développé au cours du siècle dernier en ces lieux mérite d’être documenté. Le patrimoine industriel, qui demeure malheureusement le parent pauvre en terme de mise en valeur mérite ici la plus grande attention», argue M. Locat.

Le ministère de la Culture «suit la situation»

Joint par le Journal, le ministère de la Culture et des Communications du Québec a fait savoir que la demande de démolition du bâtiment était un dossier qu'il suivait.

«Le ministère connaît ce bâtiment, échange avec la Ville de Lévis et suit la situation de près. Le bâtiment ne possède aucun statut en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. La Ville de Lévis a reçu la demande du propriétaire, mais n’a pas encore statué sur la démolition de l’édifice», a déclaré Émilie Mercier, l'une des porte-paroles du ministère.

Du même souffle, Mme Mercier a rappelé qu'une subvention pourrait être accordée afin de sauvegarder le bâtiment.

«L’édifice des Scies Mercier pourrait être admissible au volet 1 du Programme de soutien au milieu municipal en patrimoine immobilier pour des travaux de restauration dans la mesure où la Ville de Lévis concluait une entente avec le ministère. L’aide financière accordée au propriétaire pourrait atteindre de 50 % à 70 % des dépenses admissibles», a-t-elle expliqué.

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